Justice

Victoire contre un refus d’orientation CDAPH vers une école belge

Jugement Affaire N° RG 24/00732 – N° Portalis DB2Y-W-B71-CDVWJ du 2 janvier 2026 contre la MDPH du 77 qui refusait d’orienter un enfant vers une école spécialisée belge. La CDAPH avait requis… l’orientation vers le CPMS ! qui est juste un centre – dépendant lui aussi du ministère de l’éducation – pour agir auprès des écoles et leurs élèves, être interlocuteur auprès des parents, mais en aucun cas prendre en charge les enfants. Pour aller plus profond dans l’univers kafkaïen de l’administration française qui crucifie les familles, le CPMS dont il est question dans le jugement est le CPMS ordinaire qui a rédigé l’attestation d’orientation vers l’enseignement spécialisé, même pas le CPMS qui interviendra plus tard au sein de l’école spécialisée !

Les parents ont eu gain de cause pour l’orientation, et ont été déboutés sur d’autres sujets :

  • demande de durée du complément 5 pour 5 ans, qui devra être réévalué à la fin de l’année scolaire vu qu’il est maintenant scolarisé (eh oui, la France gagne à tous les coups : elle ne paie pas un centime pour la scolarisation en Belgique et en plus, elle baisse le complément = la honte !),
  • idem pour la CMI, une réévaluation devra être faite (si les progrès engendrés par la scolarisation en Belgique pouvaient aussi en priver l’enfant, il n’y a pas de petits bénéfices !),
  • et une autre demande, qui ressort de la responsabilité de la CAF et non pas de la MDPH.

La MDPH parle « d’Éducation nationale » en Belgique, ignorant qu’elle y est communautaire, et qu’en Belgique, on parle 3 langues. Le tribunal, même s’il ne connaissait pas le système belge, a pris le temps d’examiner certaines pièces. Il s’appuie notamment sur l’attestation d’orientation vers l’enseignement spécialisé belge et le dossier d’inscription de l’école pour prendre sa décision.

Quand est-ce que des gens qui n’y connaissent RIEN arrêteront de prendre des décisions pour nos enfants ?

L’important dans ce jugement est donc bien que le tribunal ait spécifié, en toutes lettres :

« Il résulte néanmoins de l’article L.312-1 du code de l’action sociale et des familles que sont des établissements et services sociaux et médico-sociaux, au sens du présent code, « les établissements ou services d’enseignement qui assurent, à titre principal, une éducation adaptée et un accompagnement social ou médico-social aux mineurs ou jeunes adultes handicapés ou présentant des difficultés d’adaptation ». Au regard des pièces produites par les parties, et notamment de l’attestation d’orientation vers l’enseignement spécialisé belge (pièce N°36 demandeur), et du dossier d’inscription de l’école « Pas à Pas » situé à Lessines constitue incontestablement un tel établissement. En conséquence, la CDAPH pouvait orienter le mineur vers une telle structure, sans se limiter à l’orienter vers un CPMS en Belgique. »

Cela amène une décision étayée qui prouve que les écoles spécialisées belges rentrent bien dans les établissements. Il est envisageable pour les demandeurs futurs d’étendre cette interprétation aux internats scolaires spécialisés publics pour l’orientation (partie hébergement), afin que les frais d’internats et de transport vers ceux-ci soient aussi pris en charge par les caisses d’assurance maladie, ainsi que nous l’avons obtenu dans des jugements sur d’autres dossiers.

Téléchargez ici le jugement anonymisé intégral. (12 Mo).

Rencontre européenne des initiatives inclusives : logos Autisme ressources Hauts-de France, écoles Sainte-Gertrude, SUSA, AFrESHEB sur fond de ciel bleu avec drapeau européen

Rencontre européenne des initiatives inclusives.

Le mercredi 5 juin a eu lieu cette journée organisée par l’Association Autisme Ressources Hauts-de-France en collaboration avec l’Association pour les Français en situation de handicap en Belgique (AFrESHEB asbl).

Depuis 2015, l’Association des Hauts-de-France organise des rencontres des initiatives inclusives dans les Hauts-de-France. Cette année 2024, elle a décidé d’élargir le cercle de ces rencontres à l’Europe. C’est donc tout naturellement qu’elle s’est tournée, pour son premier parcours européen, vers la Belgique, qui accueille des milliers de Français en situation de handicap.

Elle a alors sollicité l’AFrESHEB pour coconstruire cette journée consacrée au modèle belge.

La journée s’est déroulée au sein des écoles Sainte-Gertrude à Brugelette, pionnière de l’inclusion des élèves à besoins spécifiques (depuis plus de 30 ans, bien avant les dispositions légales permettant l’intégration). L’école fondamentale (maternelle et primaire) est aussi l’école siège du pôle territorial de la zone 8 est du Hainaut, le Près Serré, qui a organisé en avril dernier son premier salon de l’inclusion scolaire. Ce pôle inclusion et aménagements raisonnables offre ses services à plus de 80 écoles ordinaires.

Au programme de ce mercredi 5 juin, dès 10 heures, a eu lieu la présentation de la Fondation SUSA (Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec autisme) par son directeur, le Pr Éric Willaye.

Ensuite, se sont déroulées les présentations de l’école fondamentale, du pôle territorial le Près Serré, et de l’école secondaire, qui collabore aussi avec des écoles ordinaires pour l’intégration et même un Centre de Formation en Alternance.

Les deux écoles pratiquent, entre autres, la pédagogie adaptée à l’autisme d’inspiration TEACCH (Treatment and Education of Autistic and related Communication Handicapped Children, en français : Traitement et éducation des enfants autistes et avec handicaps de communication apparentés).

Après un lunch, la journée s’est terminée par la visite des classes TEACCH et de la section professionnelle bâtiment du secondaire.

Voir ici le reportage de la RTBF  sur cette rencontre.

Et ici, les photos de la journée.

Réforme de la scolarité partagée en France

Réforme qui concernait jusqu’à présent les élèves suivant une scolarité partagée (entre un institut médico-éducatif – IME –  et une école).

Pour cette rentrée 2022-2023 :

  • Aucun enfant avec notification IME en première intention ne doit se retrouver dans les unités localisées d’inclusion scolaire (ULIS – classes spécialisées dans les écoles).
  • Pas de scolarité partagée si la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a fourni une orientation IME, accord uniquement pour les SESSAD (services d’accompagnement intervenant dans les milieux de vie de l’enfant en situation de handicap, que ce soit à l’école, au domicile…)

En clair : un recul, puisque l’on enlève la collaboration entre un IME et l’école. On revient à la scolarisation dans une école uniquement par un service d’accompagnement ou directement à l’école… Sans compter que les périodes de scolarisation dans un IME sont très réduites, si pas inexistantes…

Pire : les enfants avec une orientation IME dont les places sont saturées pour des années se voit refuser la solution des ULIS.

Et alors ? ils vont se retrouver à la maison, ou à l’école, sans aide. En plus, on leur interdit la fuite en Belgique…

Maintenant, nous comprenons mieux la vague récente d’appels de parents chez notre association, parents dont les enfants sont orientés en école ordinaire sans aide en France. Et, du coup, l’augmentation de ces demandes, alors que les écoles belges transfrontalières sont saturées (une première depuis la création de l’enseignement spécialisé en Belgique en 1970 !).

Les associations sont vent debout contre ses nouvelles mesures. Voir l’article du Télégramme

L’inclusion via Pap N’Diaye nouvelle formule (à la Macronienne). Il a appris à manier la langue de bois d’une autre façon. Voir sa circulaire pour la prochaine rentrée. (Eh oui, tout d’abord on croit que c’est un communiqué… mais non, mais non, c’est bien une circulaire !)

Mais bon, le retournement de veste, ça le connaît… Ou comment passer du Wokisme et de l’indigénisme au RN, du moment que cela conforte la Macronie, son nouveau terrain de plan de carrière.

C’est ça la France ! Pardon, la Macronie ! Et merci les vendus !