Cour administrative d'appel de Paris

Cour d’appel de Paris : la tarification d’un établissement doit s’adapter à ses besoins

Photo : Rama, CC BY-SA 2.0 FR licence CeCILL, via Wikimedia Commons

3 jugements (pour un établissement) à examiner
France, Cour administrative d’appel de PARIS, 8ème chambre, 03 février 2026, 24PA05448

La cour administrative d’appel de Paris a rendu une décision le 3 février 2026 relative au contentieux de la tarification d’un établissement social.

Une association gestionnaire contestait l’arrêté du président du conseil départemental fixant les tarifs journaliers d’un foyer d’accueil spécialisé pour l’année 2022. Elle demandait la réformation de cet acte afin d’obtenir une revalorisation significative des forfaits fixés par l’autorité de tarification pour ses groupes fonctionnels.

 Le tribunal interrégional de la tarification sanitaire et sociale de Nancy avait rejeté sa demande initiale par un jugement rendu le 20 février 2024. L’association a alors relevé appel de cette décision devant la juridiction parisienne compétente pour connaître de ce litige spécifique par transfert de compétence.

La juridiction d’appel censure la méthode du département et ordonne la majoration des dépenses autorisées pour les deux premiers groupes fonctionnels.

Jugement illustration
France, Cour administrative d’appel de PARIS, 8ème chambre, 03 février 2026, 24PA05449

La Cour administrative d’appel de Paris, par un arrêt rendu le 3 février 2026, précise les limites du pouvoir de tarification des autorités départementales.

La question juridique porte sur la légalité d’abattements budgétaires opérés sans examen approfondi de la situation particulière d’un foyer d’accueil médicalisé. Une association conteste l’arrêté du 9 janvier 2023 fixant les tarifs journaliers de son établissement médico-social pour l’exercice de l’année 2022.

Elle sollicite une revalorisation substantielle de ces tarifs devant les juridictions spécialisées dans le contentieux de la tarification sanitaire et sociale. Le tribunal interrégional de la tarification sanitaire et sociale de Nancy rejette sa demande initiale par un jugement du 20 février 2024.

L’organisme gestionnaire relève appel de cette décision en invoquant notamment une irrégularité de procédure et une erreur d’appréciation manifeste.

La juridiction d’appel doit déterminer si l’autorité de tarification peut légalement imposer un plafond d’évolution budgétaire sans considération des besoins réels. La Cour annule le jugement attaqué pour omission de visa d’une note en délibéré puis réforme le tarif au profit du requérant.

France, Cour administrative d’appel de PARIS, 8ème chambre, 03 février 2026, 24PA05450

La présente décision de la cour administrative d’appel statue sur un litige relatif à la tarification d’un foyer d’accueil médicalisé pour l’année 2022.

L’association gestionnaire contestait le tarif journalier fixé par le département ainsi que les abattements opérés sur les dépenses des groupes fonctionnels I et II.

La juridiction annule le jugement de première instance en raison d’un vice de procédure et réexamine le fond du dossier pour contrôler la légalité de l’arrêté tarifaire.

Justice

Victoire contre un refus d’orientation CDAPH vers une école belge

Jugement Affaire N° RG 24/00732 – N° Portalis DB2Y-W-B71-CDVWJ du 2 janvier 2026 contre la MDPH du 77 qui refusait d’orienter un enfant vers une école spécialisée belge. La CDAPH avait requis… l’orientation vers le CPMS ! qui est juste un centre – dépendant lui aussi du ministère de l’éducation – pour agir auprès des écoles et leurs élèves, être interlocuteur auprès des parents, mais en aucun cas prendre en charge les enfants. Pour aller plus profond dans l’univers kafkaïen de l’administration française qui crucifie les familles, le CPMS dont il est question dans le jugement est le CPMS ordinaire qui a rédigé l’attestation d’orientation vers l’enseignement spécialisé, même pas le CPMS qui interviendra plus tard au sein de l’école spécialisée !

Les parents ont eu gain de cause pour l’orientation, et ont été déboutés sur d’autres sujets :

  • demande de durée du complément 5 pour 5 ans, qui devra être réévalué à la fin de l’année scolaire vu qu’il est maintenant scolarisé (eh oui, la France gagne à tous les coups : elle ne paie pas un centime pour la scolarisation en Belgique et en plus, elle baisse le complément = la honte !),
  • idem pour la CMI, une réévaluation devra être faite (si les progrès engendrés par la scolarisation en Belgique pouvaient aussi en priver l’enfant, il n’y a pas de petits bénéfices !),
  • et une autre demande, qui ressort de la responsabilité de la CAF et non pas de la MDPH.

La MDPH parle « d’Éducation nationale » en Belgique, ignorant qu’elle y est communautaire, et qu’en Belgique, on parle 3 langues. Le tribunal, même s’il ne connaissait pas le système belge, a pris le temps d’examiner certaines pièces. Il s’appuie notamment sur l’attestation d’orientation vers l’enseignement spécialisé belge et le dossier d’inscription de l’école pour prendre sa décision.

Quand est-ce que des gens qui n’y connaissent RIEN arrêteront de prendre des décisions pour nos enfants ?

L’important dans ce jugement est donc bien que le tribunal ait spécifié, en toutes lettres :

« Il résulte néanmoins de l’article L.312-1 du code de l’action sociale et des familles que sont des établissements et services sociaux et médico-sociaux, au sens du présent code, « les établissements ou services d’enseignement qui assurent, à titre principal, une éducation adaptée et un accompagnement social ou médico-social aux mineurs ou jeunes adultes handicapés ou présentant des difficultés d’adaptation ». Au regard des pièces produites par les parties, et notamment de l’attestation d’orientation vers l’enseignement spécialisé belge (pièce N°36 demandeur), et du dossier d’inscription de l’école « Pas à Pas » situé à Lessines constitue incontestablement un tel établissement. En conséquence, la CDAPH pouvait orienter le mineur vers une telle structure, sans se limiter à l’orienter vers un CPMS en Belgique. »

Cela amène une décision étayée qui prouve que les écoles spécialisées belges rentrent bien dans les établissements visés par l’article cité. Il est envisageable pour les demandeurs futurs d’étendre cette interprétation aux internats scolaires spécialisés publics pour l’orientation (partie hébergement), afin que les frais d’internats et de transport vers ceux-ci soient aussi pris en charge par les caisses d’assurance maladie, ainsi que nous l’avons obtenu dans des jugements sur d’autres dossiers.

Téléchargez ici le jugement anonymisé intégral. (12 Mo).

Voeux 2026 de l'AFrESHEB des bulles blanches sur fond bleu, le logo de l'AFrESHEB - texte : bonne année 2026 AFrESHEB ASBL

2026 – le mot de la Présidente

Cette nouvelle année s’annonce sous des auspices qui ne sont guère réjouissants. Plus que jamais, des familles françaises cherchent une solution en Belgique, les réponses de la France étant de moins en moins adaptées aux troubles sévères, qu’ils soient intellectuels, comportementaux, polygénétiques, dus à la combinaison de plusieurs troubles… 

L’inclusion, noble cause, est devenue prétexte à des coupes budgétaires. Les parents qui exigent de voir les droits de leur enfant respectés malgré les moyens limités se voient abusivement signalés aux services sociaux, et les dérives de l’aide sociale à l’enfance en France, bien qu’archi-connues : déscolarisations, négligences, maltraitances, viols, prostitution, continuent depuis des années sans que les lanceurs d’alertes soient écoutés.

Et toujours le quotidien des listes d’attente, des internements en psychiatrie, encore plus courants pour les adultes qui ont même leurs entrées en Unités pour Malades Difficiles (comme les serial killers)… Le surcroît de maintien de ces derniers en amendement ex-Creton dans les établissements français pour enfants depuis le moratoire français de 2021 sur les places wallonnes, entraîne que les demandes pour les enfants vers la Belgique augmentent. 

Dernier coup de pied de l’âne gouvernemental : la nouvelle convention revue très à la baisse des taxis, qui impacte les élèves transfrontaliers des écoles d’enseignement spécialisé comme ceux hébergés dans les internats scolaires spécialisés publics. Non content de se décharger sur le contribuable belge de son devoir de scolariser et d’héberger ses enfants, notre pays leur refuse de fait le transport en étranglant financièrement les taxis.

Ne jetez plus de honte dans la coupe, elle est largement bue. Il nous reste à espérer de plus justes décisions pour un avenir meilleur, mais gardons-nous de toute utopie pour ne pas tomber de plus haut.

Isabelle Resplendino, Présidente-Fondatrice.

cartes de France-Belgique avec un itinéraire de taxi, Panneau "End here" sur une tour eiffel

Taxis français vers les écoles belges : la fin ?

Nouvelle convention Caisses primaires d’assurance maladie/taxis : les transports vers les écoles belges d’enseignement spécialisé risquent de ne plus être assurés. Voir la pétition.

Le journal officiel à propos de cette convention (voir l’annexe 2 avec les tarifs).

Entre les CPAM qui refusent de payer les transports en taxi vers les écoles, et cette baisse de tarif… Le 2 octobre dernier, nous alertions déjà sur les risques collatéraux d’un autre tour de vis sur les transports.

Nous risquons d’avoir 1400 petits Français (aujourd’hui frontaliers scolarisés externes ou élèves hébergés dans des internats scolaires spécialisés publics) qui se retrouveront à domicile, sans solution.

Merci, M. Macron, merci le gouvernement français !

Non content de laisser les frais de scolarité spécialisée au contribuable belge, tout comme ceux de l’hébergement en internat scolaire spécialisé public (avec une quote-part restant à charge des parents), vous refusez de payer le transport vers la Belgique (ou bien avec un tarif si bas que ce serait quasiment à perte). Il est à noter que le transport ne concerne pas les instituts médico-éducatifs wallons conventionnés avec la France, qui doivent organiser les transports de 1500 autres enfants français… avec un budget globalisé très réduit par rapport à leurs homologues français.

Non content d’avoir mis des moratoires en place (qui ne seraient pas nécessaires s’il y avait des solutions en France), vous faites un énième coup bas aux familles, leur fermant la dernière porte : l’exil à l’étranger.

On s’en souviendra en 2027.

Article du Parisien sur la grogne des taxis français à qui on impose cette convention.

Il n'y a pas de petites économies : sur un fond de drapeau français un peu effacé, une silhouette de personnage handicapé renversé, sur son dos des pièces d'euros

Il n’y a pas de petites économies

Surtout sur le dos des plus faibles

Arrêté du 29 septembre 2025 portant approbation du protocole d’accord sur la maîtrise des dépenses de transports sur le champ du transport sanitaire. Conséquence collatérale de ce tour de vis : par souci d’économie, les CPAM commencent à refuser systématiquement les transports des petits Français vers les écoles spécialisées belges.

Une règle impose aux familles françaises établies hors de France de justifier d’un taux de handicap supérieur à 50 % pour que leurs enfants puissent bénéficier d’un accompagnement scolaire financé par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), sous la forme d’un AESH (Accompagnant d’élève en situation de handicap). Lire l’article de l’ADFE (Association démocratique des Français à l’l’Étranger).